Alimentation pendant la grossesse : le guide trimestre par trimestre

Bols en céramique avec lentilles, épinards, amandes, une orange coupée et deux tranches de pain complet.

Actualité : Le cinquième Programme national nutrition santé (PNNS 2026-2030) a été officiellement lancé le 8 avril 2026, avec la nutrition de la femme enceinte parmi ses priorités affichées. Dans son sillage, Santé publique France diffuse un nouveau guide de référence, « De la grossesse à l’arrivée de bébé, avec sérénité », qui tient un message simple à retenir : manger de tout, sans se priver ni « manger pour deux », couvre l’essentiel des besoins, à condition de veiller à quelques nutriments clés comme la vitamine B9 (Santé publique France, 2026).

La grossesse est l’un des rares moments où ce que vous mettez dans votre assiette nourrit deux personnes à la fois. De quoi se poser mille questions, souvent au pire moment : quand les nausées coupent l’appétit, quand la fatigue prend le dessus, quand une amie vous glisse qu’il « ne faut surtout pas » manger ceci ou cela. Je rassemble ici, trimestre par trimestre, ce qui compte vraiment, pour vous et pour votre bébé. Voici des repères concrets pour bien vous nourrir à chaque étape de votre grossesse.

Au sommaire

L’essentiel en 30 secondes

  • Le principe est simple : manger de tout, varié, sans se priver ni doubler les portions.
  • Quelques nutriments méritent une attention particulière : la vitamine B9 (les folates) dès le désir d’enfant, puis le fer, l’iode, le calcium et la vitamine D tout au long de la grossesse.
  • Chaque trimestre a ses propres caractéristiques : accent sur les folates au premier, besoins nutritionnels augmentés au deuxième, repas fractionnés et recherche de confort digestif au troisième.
  • Certains aliments sont à écarter le temps de la grossesse pour éviter la listériose, la toxoplasmose et la salmonellose. L’alcool, lui, est à supprimer complètement.
  • La prise de poids conseillée dépend de votre corpulence de départ : l’Assurance Maladie retient en moyenne 12 kg, dans une fourchette large de 9 à 15 kg.

Que faut-il manger enceinte, et faut-il vraiment manger pour deux ?

C’est la première idée à défaire, parce qu’elle mène tout droit à une prise de poids excessive : non, il ne s’agit pas de « manger pour deux ». Le futur bébé ne mesure que quelques centimètres pendant une bonne partie de la grossesse, et les besoins en énergie augmentent modérément, et surtout dans les derniers mois. L’Assurance Maladie rappelle d’ailleurs que l’apport quotidien ne doit pas descendre en dessous de 1 600 kcal par jour, ce qui montre bien que la question n’est pas d’en manger beaucoup plus, mais de manger mieux et à sa faim.

La bonne nouvelle, c’est que les recommandations pour une femme enceinte ressemblent beaucoup à celles d’une alimentation équilibrée valable pour tout le monde. Concrètement, cela veut dire : un à deux fruits par jour, des légumes à chaque repas, des céréales ou des féculents si possible non raffinés, des protéines animales et végétales, des produits laitiers, un peu de matières grasses, et de l’eau à volonté.

Là où la grossesse se distingue vraiment, c’est sur une poignée de micronutriments qui deviennent stratégiques. Les folates, ou vitamine B9, participent à la fabrication des cellules et à la fermeture du tube neural, la structure qui donnera le cerveau et la moelle épinière du bébé dans les toutes premières semaines. Le fer, qui sert à transporter l’oxygène dans le sang, voit ses besoins grimper pour suivre l’augmentation du volume sanguin. L’iode est indispensable à la thyroïde, qui règle le métabolisme et intervient dans le développement du cerveau. Le calcium et la vitamine D, enfin, construisent le squelette.

Les gynécologues recommandent souvent aux femmes enceintes de prendre un complément de grossesse comprenant ces nutriments stratégiques pour le développement du bébé. Ceci est une sécurité. Néanmoins, les nutriments apportés par l’alimentation sont mieux assimilés et tous les compléments de grossesse ne se valent pas.

Besoins réels, qualité des nutriments, assimilation, présence d’excipients, une consultation dédiée à l’alimentation de la grossesse permet d’évaluer les compléments alimentaires que vous prenez.

Comment bien manger au premier trimestre (semaines 1 à 13) ?

Le premier trimestre est paradoxal : c’est la période où le bébé se construit le plus vite, et souvent celle où manger devient le plus difficile. Entre la fatigue, les dégoûts soudains et les nausées, beaucoup de femmes se demandent si elles nourrissent correctement leur bébé. Rassurez-vous : à ce stade, les besoins énergétiques n’augmentent quasiment pas. Ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité et, surtout, un nutriment précis.

Assiette avec mandarine pelée, amandes et pain, verre d'eau, silhouette enceinte assise en arrière-plan.
Au premier trimestre, de petites prises légères et faciles à digérer aident à traverser les débuts parfois difficiles.

Ce nutriment, c’est la vitamine B9. Sa priorité au premier trimestre est telle qu’elle doit être prise avant même la conception, dès que l’envie de faire un enfant se précise. Ce projet bébé sera plus facile à concrétiser quand vous comprenez le fonctionnement de votre cycle féminin. L’Assurance Maladie recommande une supplémentation en folates démarrée au moins quatre semaines avant le début de la grossesse et poursuivie jusqu’à la douzième semaine, ce qui correspond au moment où le tube neural se referme. La dose habituelle est de 0,4 mg par jour, prescrite par votre médecin ou votre sage-femme. Si vous découvrez votre grossesse sans avoir commencé, démarrez sans attendre. Au niveau alimentaire, la vitamine B9 est principalement présente dans les légumes verts à feuilles (épinards, mâche, brocoli), les légumineuses (lentilles, pois chiches), les agrumes et les œufs. C’est ce qui explique que la carence est assez fréquente en cas d’alimentation pauvre en végétaux.

La prise alimentaire au premier trimestre peut être perturbée par les nausées, les dégoûts soudains et la fatigue. Vous trouverez les moyens qui soulagent les nausées dans mon guide sur les nausées du premier trimestre.

La fatigue est souvent particulièrement importante les premières semaines de grossesse. Elle peut être amplifiée par une carence en fer. Parlez-en à votre médecin pour vérifier si vous ne souffrez pas d’anémie, qui justifie la prise d’un complément à base de fer. Au niveau alimentaire, le fer est présent dans les produits animaux et végétaux. La différence a lieu en termes d’assimilation. Le fer des végétaux est peu assimilé. Accompagnez vos végétaux d’un aliment riche en vitamine C, comme un fruit ou un filet de citron, car cette vitamine améliore nettement l’absorption du fer d’origine végétale. Décalez la prise de café ou de thé car tous deux bloquent l’assimilation du fer alimentaire.

Que privilégier au deuxième trimestre (semaines 14 à 27) ?

Le deuxième trimestre est souvent le mieux vécu. Si les nausées étaient présentes, elles disparaissent la plupart du temps. L’énergie revient, l’appétit aussi. C’est le moment d’adopter une alimentation qui couvre vos besoins en nutriments. Ceux-ci commencent réellement à augmenter, à mesure que le bébé grandit et que votre corps se transforme.

La couverture des besoins en fer est essentielle. Le volume sanguin augmente fortement pour irriguer le placenta et le bébé, ce qui accroît d’autant les besoins en fer. Une carence se traduit par une fatigue persistante, un essoufflement, une pâleur, et elle est fréquente à partir de ce stade. Pour la prévenir, misez sur la variété : viandes, poissons, œufs, mais aussi lentilles, pois chiches, haricots et légumes verts, toujours en compagnie d’un aliment riche en vitamine C. Le thé et le café, eux, freinent l’absorption du fer : mieux vaut les décaler d’une heure ou deux après le repas. Si cela n’a pas été fait, c’est au 2ème trimestre que votre taux de fer sera évalué lors d’une prise de sang.

Le calcium et la vitamine D sont tout aussi importants, car c’est au deuxième et au troisième trimestre que le squelette du bébé se minéralise. Les produits laitiers y contribuent, complétés par des eaux minérales riches en calcium, des légumes et des fruits à coque. La vitamine D est essentielle à l’assimilation du calcium. Mais elle est peu présente dans l’alimentation. Elle se synthétise principalement sous l’action des rayons UV. N’hésitez pas à demander à évaluer votre taux de vitamine D lors d’une prise de sang. La carence est fréquente et peut être présente, même en été.

Côté iode, indispensable au développement du cerveau et de la thyroïde du bébé, pensez aux produits laitiers, aux œufs, aux poissons et au sel iodé.

Ce trimestre plus serein est aussi le bon moment pour prendre soin de vous autrement. La sophrologie prénatale a toute sa place pour vivre une grossesse épanouie. Découvrez mon accompagnement en sophrologie pour les femmes enceintes à Asnières et pourquoi la santé de votre bébé passe par une préparation à la naissance.

Comment adapter ses repas au troisième trimestre (semaines 28 à terme) ?

Au dernier trimestre, le bébé prend l’essentiel de son poids et occupe de plus en plus de place. Votre estomac, comprimé, se remplit vite ; les remontées acides et les sensations de lourdeur sont courantes. La stratégie alimentaire évolue : les mêmes bons aliments, mais répartis autrement.

Le maître mot est le fractionnement, non plus à cause des nausées, mais par manque de place. Trois repas plus légers complétés par une ou deux collations valent mieux que des gros repas. La collation idéale : un fruit et une poignée d’amandes, un yaourt, une tartine de pain complet avec un peu de fromage. L’objectif est de couvrir ses besoins en énergie sans surcharger la digestion.

Les besoins en fer, en calcium et en vitamine D restent élevés jusqu’à l’accouchement : ne relâchez pas les bonnes habitudes prises au deuxième trimestre. Continuez à soigner votre hydratation, d’autant que la constipation, fréquente en fin de grossesse, se limite en augmentant l’eau de boisson, les fibres et en maintenant une activité physique. L’énergie supplémentaire nécessaire est estimée autour de 500 kcal. Elle est réelle mais reste modérée. Si votre poids s’emballe ou si un diabète gestationnel a été détecté, faites-vous accompagner, soit en prenant rendez-vous pour une consultation de naturopathie, soit en suivant l’ensemble de mes conseils alimentaires présents dans mes ebooks « l’alimentation de la grossesse », dont l’un est dédié à l’alimentation en cas de diabète gestationnel.

Quels aliments faut-il éviter pendant la grossesse ?

C’est la question qui inquiète le plus. Certains aliments ne peuvent plus être consommés pendant toute la durée de la grossesse parce qu’ils peuvent porter des microbes dangereux pour le bébé, alors que les défenses immunitaires de la mère sont naturellement abaissées. Trois infections peuvent être critiques pour le bébé.

Bols de fruits rouges au yaourt, chou vert, poisson cuit et carafe d'eau, silhouette enceinte en arrière-plan.
En fin de grossesse, fractionner les repas soulage l’estomac comprimé et facilite la digestion.

La listériose est due à une bactérie qui résiste au froid du réfrigérateur. Pour l’éviter, mettez de côté le temps de la grossesse les fromages au lait cru et les fromages à croûte fleurie ou lavée (brie, camembert, saint-marcellin, munster, époisses, maroilles), même fabriqués à partir de lait pasteurisé. Mais la charcuterie à la coupe et les produits en gelée, les poissons fumés, les rillettes et les graines germées crues sont aussi à éviter. Retirez aussi la croûte des fromages, nettoyez souvent le réfrigérateur et consommez rapidement les restes alimentaires en les faisant bien réchauffer.

La toxoplasmose est un parasite transmis par la viande peu cuite, les crudités mal lavées et le contact avec la terre ou les chats. Si votre prise de sang de début de grossesse montre que vous n’êtes pas immunisée, cuisez bien toutes les viandes à cœur, lavez soigneusement fruits, légumes et herbes, et lavez-vous les mains après avoir cuisiné ou jardiné.

A titre personnel, n’étant pas immunisée contre la toxoplasmose, je ne consommais plus de salades et autres crudités dans les restaurants par principe de précaution quand j’étais enceinte.

La salmonellose, elle, s’évite en écartant les œufs crus et les préparations qui en contiennent (mayonnaise maison, mousse au chocolat, certaines crèmes).

Peut-on consommer du poisson enceinte ?

L’ANSES recommande deux portions par semaine, et surtout deux portions différentes : un poisson gras, et un poisson blanc. Leur consommation répond à deux besoins essentiels de la grossesse pour la santé du bébé et de la future maman : les oméga-3 et l’iode.

Les oméga-3 de type EPA et DHA viennent des poissons gras, et pratiquement d’eux seuls. La sardine, le maquereau, le hareng, le saumon et la truite en apportent de 1 à 2,7 g pour 100 g, quand le cabillaud, la sole ou le colin en contiennent dix à quarante fois moins. Une semaine entière de filets de poisson blanc ne serait même pas suffisante pour répondre aux besoins en oméga-3, précieux pour le développement du cerveau du bébé. Dans le même registre, le thon en conserve n’est pas la source d’oméga-3 qu’on imagine souvent : les mesures officielles le situent à environ 0,1 g pour 100 g.

Pourquoi les oméga-3 sont-ils aussi importants quand on est enceinte ?

  • Pour la maman, les oméga-3 aident à réguler la tension artérielle et protègent son équilibre émotionnel en prévenant le « baby blues » et la dépression du postpartum.
  • Pour le bébé, ils sont indispensables au développement de son cerveau, de son système nerveux et à la maturation de sa vision.

Les poissons marins constituent de bonnes sources d’iode, mais leur teneur varie beaucoup selon les espèces. Le cabillaud, le lieu noir ou encore certains autres poissons de mer en sont particulièrement riches. Le cabillaud en contient environ 100 microgrammes pour 100 grammes et le lieu noir près de 143, quand le saumon plafonne à 8. Or l’iode est le constituant des hormones thyroïdiennes, et l’ANSES qualifie de « crucial » son rôle dans le développement cérébral du fœtus au cours des premiers mois. Les besoins passent d’ailleurs de 150 microgrammes par jour à 200 pendant la grossesse et l’allaitement.

Ce point est d’autant moins anodin que le manque est fréquent. Les données françaises disponibles sont régionales et déjà anciennes, mais elles concordent : à Nice comme à Lyon, 74 à 86 % des femmes enceintes étudiées présentaient un apport en iode insuffisant. Or, une carence sévère en iode pendant la grossesse peut compromettre le développement neurologique du fœtus et provoquer des atteintes irréversibles. Une étude britannique publiée dans The Lancet en 2013, qui a suivi 1 040 couples mère-enfant, a observé que les enfants des mères dont le statut en iode était bas au premier trimestre avaient davantage de risque de se situer dans le quart le plus faible aux tests de langage à 8 ans et de lecture à 9 ans. 

Concrètement, si vous ne mangez pas de poisson du tout, parlez-en à un professionnel.

Malgré ce que l’on pourrait penser, les algues ne sont pas la solution. L’ANSES les déconseille aux femmes enceintes et allaitantes sans avis médical et juge leur usage non pertinent pour corriger un manque d’iode, parce que leur teneur varie énormément et que l’écart est étroit entre l’apport recherché, 200 microgrammes, et la limite de sécurité, 600.

Restent les poissons à limiter en fréquence. Évitez pendant la grossesse l’espadon, le marlin, le siki, le requin et la lamproie, à cause de leur teneur en méthylmercure. Ne dépassez pas une fois tous les deux mois pour les poissons d’eau douce qui en accumulent le plus, anguille, barbeau, brème, carpe et silure. Les autres prédateurs sauvages, dont le thon, sont à limiter, sans fréquence chiffrée par l’ANSES. Écartez enfin les poissons crus et fumés, pour la listériose.

Quelles sont les boissons à limiter pendant la grossesse ?

L’alcool n’est pas à limiter mais à supprimer totalement. En effet, l’alcool passe directement au bébé et aucune quantité n’est considérée comme acceptable. Les médecins prônent la tolérance zéro, du début à la fin de la grossesse.

La caféine, elle, se limite sans se supprimer : l’Assurance Maladie évoque un plafond de l’ordre de 300 mg par jour, soit environ deux à trois tasses de café, en pensant à compter aussi le thé et certains sodas.

Mais d’autres boissons pourraient être à limiter. Consultez mon guide : les plantes à éviter pendant la grossesse, car toutes les tisanes ne sont pas anodines, ainsi que mon article sur les dangers des édulcorants et des additifs, présents notamment dans certaines boissons pour y voir clair sur les produits « allégés » et transformés.

Comment limiter les petits maux digestifs par l’assiette ?

Au-delà des nausées du début, la grossesse s’accompagne souvent de deux inconforts que l’alimentation aide beaucoup à apaiser : les remontées acides et la constipation. Comprendre pourquoi ils surviennent aide à choisir les bons gestes plutôt que de subir.

Les remontées acides, ou reflux, s’expliquent par les hormones de la grossesse qui détendent les muscles, et par l’utérus qui appuie sur l’estomac. Pour les calmer, fractionnez les repas, mangez lentement, évitez de vous allonger juste après avoir mangé et repérez vos déclencheurs personnels, souvent les plats gras, épicés ou très acides. Un dîner plus léger et pris un peu tôt le soir fait souvent une vraie différence sur la qualité des nuits.

La constipation, elle, vient du ralentissement du transit et parfois des compléments de fer. Consommer suffisamment de fibres (fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes), boire plus d’eau, tout au long de la journée, et introduire de l’activité physique douce sont les premières recommandations. Ces ajustements, sans être spectaculaires, suffisent le plus souvent à retrouver un confort digestif correct sans recourir à quoi que ce soit d’autre.

J’ai rassemblé l’ensemble des gestes de prévention et les solutions naturelles pour soulager l’ensemble des inconforts les plus courants rencontrés pendant la grossesse dans l’ebook consacré aux maux de la grossesse (nausées, remontées acides, constipation, tensions mammaires, problèmes veineux, démangeaisons, infections urinaires). 

Combien de poids peut-on prendre pendant la grossesse ?

Il n’existe pas un chiffre unique valable pour toutes. La prise de poids conseillée dépend d’abord de votre corpulence avant la grossesse, mesurée par l’indice de masse corporelle (l’IMC, qui rapporte le poids à la taille). L’Assurance Maladie retient une prise de poids moyenne d’environ 12 kg, dans une fourchette large de 9 à 15 kg, et la module selon le point de départ.

Corpulence avant la grossesse Prise de poids conseillée
Maigreur (IMC inférieur à 18,5) 12,5 à 18 kg
Corpulence normale (IMC de 18,5 à 24,9) 11,5 à 16 kg
Surpoids (IMC de 25 à 29,9) 7 à 11,5 kg
Obésité (IMC de 30 ou plus) 5 à 9 kg

Pour une grossesse gémellaire, comptez en général 3 à 4 kg de plus. Le rythme compte autant que le total : la prise de poids est quasi nulle au premier trimestre, puis se répartit sur les deux suivants. Une prise trop faible peut favoriser un accouchement prématuré ou un petit poids de naissance ; une prise excessive augmente le risque de bébé de gros poids (macrosomie) et complique parfois la fin de grossesse. Ces fourchettes servent avant tout de repères.

Questions fréquentes

Faut-il vraiment manger pour deux pendant la grossesse ?

Non, et c’est même une idée à écarter. Le bébé est très petit une grande partie de la grossesse, et les besoins en énergie de la mère n’augmentent que modérément. L’enjeu n’est pas la quantité mais la qualité : manger varié, à sa faim, en veillant aux apports en nutriments essentiels. Certaines femmes ont plus faim que d’autres. Écouter sa faim, plutôt que ses envies, assure une prise de poids régulière et harmonieuse.

Quand commencer la vitamine B9 (acide folique) et pourquoi ?

La vitamine B9, ou folates, participe à la fermeture du tube neural du bébé dans les toutes premières semaines, avant même que la grossesse ne soit parfois connue. C’est pourquoi l’Assurance Maladie recommande de commencer une supplémentation environ quatre semaines avant la conception, quand la grossesse est planifiée, et de la poursuivre jusqu’à la douzième semaine, à la dose de 0,4 mg par jour prescrite par un professionnel de santé. Si vous n’avez pas pu la commencer avant, parlez-en dès que possible pour la débuter sans attendre.

Quels poissons peut-on manger enceinte ?

Deux portions par semaine, et surtout deux portions différentes. Un poisson gras, sardine, maquereau, hareng, saumon ou truite, pour les oméga-3. Et un poisson blanc, cabillaud, lieu noir ou sole, pour l’iode, dont le rôle est crucial dans le développement cérébral du bébé. Côté restrictions, évitez les plus gros poissons tels que l’espadon, le marlin, le siki, le requin et la lamproie ; tenez-vous à une fois tous les deux mois pour l’anguille, le barbeau, la brème, la carpe et le silure ; limitez les autres prédateurs sauvages, dont le thon. Tous doivent être consommés bien cuits à cause du risque de listériose et de la présence possible du parasite Anisakis dans les poissons crus.

Peut-on être végétarienne ou végétalienne pendant la grossesse ?

Une alimentation végétarienne bien construite est compatible avec la grossesse, à condition de soigner les apports en fer, en protéines, en calcium et en iode, faciles à couvrir avec des légumineuses, des œufs, des produits laitiers et une bonne variété. L’alimentation végétalienne, plus stricte, demande impérativement un suivi médical et des compléments, en particulier en vitamine B12, en fer, en vitamine D, en iode et en calcium. Dans les deux cas, l’accompagnement d’un professionnel de santé est vivement conseillé pour ajuster les apports.

Combien de café puis-je boire enceinte ?

Il n’est pas nécessaire de supprimer totalement la caféine, mais il faut la limiter. L’Assurance Maladie évoque un plafond de l’ordre de 300 mg par jour, ce qui correspond à environ deux à trois tasses de café. Pensez à compter l’ensemble des sources : thé, certains sodas et boissons énergisantes contiennent aussi de la caféine. Ces dernières, ultra-transformées, sont d’ailleurs à éviter. En cas de doute, réduire est toujours un bon réflexe.

Quels aliments présentent un risque de listériose ou de toxoplasmose ?

Pour la listériose, écartez le temps de la grossesse les fromages au lait cru, les fromages à croûte fleurie ou lavée, la charcuterie à la coupe, les produits en gelée, les poissons fumés, les rillettes et les graines germées crues, et retirez la croûte des fromages. Pour la toxoplasmose, si vous n’êtes pas immunisée, cuisez bien toutes les viandes, lavez soigneusement fruits, légumes et herbes, et lavez-vous les mains après avoir jardiné ou approché un chat. Une bonne hygiène en cuisine et une cuisson à cœur règlent l’essentiel du risque.

Faut-il surveiller sa thyroïde après l’accouchement ?

C’est un point encore trop peu connu. La thyroïdite du post-partum touche environ 5 à 8 % des femmes dans l’année qui suit l’accouchement : c’est le trouble hormonal le plus fréquent associé à la grossesse. Elle se manifeste le plus souvent autour du troisième ou quatrième mois après la naissance, c’est-à-dire après la visite postnatale. Ses signes, fatigue, frilosité, humeur en berne, perte de cheveux, prise de poids, peuvent facilement être pris pour autre chose car ils sont fréquents les premiers mois après l’accouchement. Il n’existe pas de dépistage systématique en France. Si ces signes s’installent et vous inquiètent, un simple dosage de TSH prescrit par votre médecin permet d’y voir clair, d’autant qu’une partie de ces thyroïdites évolue vers une hypothyroïdie durable.

À retenir

Bien manger enceinte repose avant tout sur une alimentation variée et équilibrée, à sa faim, sans « manger pour deux ». Certains nutriments sont prioritaires : la vitamine B9 dès le désir d’enfant, puis le fer, le calcium et la vitamine D mais aussi l’iode. La prévention de la listériose, de la toxoplasmose et de la salmonellose oblige à mettre de côté certains aliments, tandis que l’alcool passe à zéro et la caféine se modère. La prise de poids recommandée dépend de votre corpulence de départ, autour de 12 kg en moyenne.

Pour aller plus loin

Pour approfondir avec des repères officiels et fiables, plusieurs ressources font autorité. Santé publique France propose le guide complet « De la grossesse à l’arrivée de bébé, avec sérénité », entièrement dédié à l’alimentation, à l’activité physique et au bien-être de la femme enceinte. L’Assurance Maladie détaille de son côté comment adapter son alimentation pendant la grossesse et précise les repères de prise de poids selon la corpulence. L’ANSES publie les références nutritionnelles en vitamines et minéraux, utiles pour comprendre les besoins en fer, iode, folates et calcium. Enfin, la Haute Autorité de Santé rassemble ses recommandations sur la grossesse, l’accouchement et le suivi postnatal. Sur le poisson précisément, l’ANSES explique pourquoi et comment en manger et rappelle les espèces à limiter pendant la grossesse, tandis que son avis de 2018 sur les algues et l’iode déconseille ces produits aux femmes enceintes et allaitantes sans avis médical. Le lien entre statut en iode de la mère et développement de l’enfant a été étudié par Bath et coll. dans The Lancet en 2013, sur 1 040 couples mère-enfant britanniques. Enfin, l’Assurance Maladie décrit la thyroïde pendant et après la grossesse.

De mon côté, en tant que naturopathe spécialisée dans l’accompagnement des femmes enceintes, j’ai rédigé un ebook complet sur l’alimentation de la femme enceinte qui détaille :

  • Les nutriments essentiels (fer, magnésium, iode, vitamine D, B9, oméga-3),
  • Les super aliments de la grossesse (rôles, bénéfices, manière de les consommer, bons dosages),
  • Les compléments naturels autorisés pendant la grossesse (rôles, bénéfices, manière de les consommer, dosages),
  • Les aliments à limiter quand on est enceinte (excitants, prévention des maladies infectieuses, pour protéger le fœtus).