Troubles du sommeil à la ménopause : pourquoi ces réveils à trois heures du matin
Actualité : une enquête de l’American Academy of Sleep Medicine, publiée le 18 mai 2026, montre que plus d’une femme sur trois âgée de 45 à 64 ans se réveille fréquemment la nuit (37 %) et que 35 % voient leurs bouffées de chaleur ou leurs sueurs nocturnes perturber leur sommeil, en lien avec la ménopause. Le réveil au milieu de la nuit y apparaît comme l’un des tout premiers signaux de cette période de la vie (American Academy of Sleep Medicine, 18 mai 2026).
Au sommaire
- Pourquoi se réveille-t-on précisément vers trois heures du matin ?
- Quel est le rôle des hormones dans ces réveils nocturnes ?
- Les bouffées de chaleur expliquent-elles tout ?
- Comment se rendormir après un réveil au milieu de la nuit ?
- Que changer au quotidien pour limiter ces réveils ?
- Quand faut-il consulter pour des insomnies de ménopause ?
L’essentiel en 30 secondes
- Les réveils nocturnes, souvent situés dans la seconde moitié de la nuit, sont l’un des symptômes les plus fréquents de la ménopause : entre 43 % et 69 % des femmes ménopausées déclarent des troubles du sommeil.
- Les fluctuations puis la diminution des œstrogènes perturbent les mécanismes de thermorégulation et participent à l’apparition des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes, susceptibles de fragmenter le sommeil.
- Le sommeil est naturellement plus léger dans la seconde moitié de la nuit. Sur ce terrain plus fragile, une bouffée de chaleur, une envie d’uriner ou une pensée qui tourne suffisent à vous réveiller, et il devient plus difficile de se rendormir.
- La pratique d’exercices de respiration aide à revenir au calme et à retrouver le sommeil.
- Quand l’insomnie s’installe sur plusieurs semaines, ou que des ronflements avec pauses respiratoires évoquent une apnée du sommeil, il peut être pertinent d’effectuer une polysomnographie du sommeil.
Pourquoi se réveille-t-on précisément vers trois heures du matin ?
Vous vous endormez sans trop de mal, puis, comme réglée par une horloge intérieure, vous rouvrez les yeux au milieu de la nuit, souvent entre trois et cinq heures. Le corps est parfois moite, l’esprit se met à tourner, et le sommeil ne revient pas. Ce scénario, tellement partagé qu’il en devient un signe de reconnaissance entre femmes, a une explication simple qui tient à la manière dont une nuit se construit.
Une nuit de sommeil n’est pas un long bloc uniforme. Elle s’organise en cycles qui se succèdent, et leur contenu change au fil des heures. La première partie de la nuit est riche en sommeil profond, ce sommeil lourd et réparateur dont il est difficile d’émerger. La seconde partie, elle, fait plus de place au sommeil léger et au sommeil paradoxal, celui des rêves. Autrement dit, plus la nuit avance, plus votre sommeil devient fragile et facile à interrompre. Ce découpage suppose un coucher classique, autour de 22 h 30 : trois heures du matin se situe alors dans la seconde moitié de la nuit. Pour un coucher à une heure du matin, le même raisonnement se décale d’autant.
La température corporelle participe elle aussi à l’architecture de nos nuits. Pour nous endormir, notre organisme doit légèrement abaisser sa température interne en évacuant de la chaleur par la peau. Elle continue de diminuer pendant la nuit avant d’atteindre son minimum quelques heures avant le réveil, puis remonte progressivement : cette remontée accompagne le retour de la vigilance et rend le réveil plus facile. Une chambre trop chaude peut perturber ce mécanisme naturel, augmenter le nombre de micro-éveils et rendre le sommeil moins réparateur.
C’est sur ce sommeil naturellement plus léger que viennent se greffer les bouleversements de la ménopause. Une bouffée de chaleur, des sueurs nocturnes, une envie d’uriner ou simplement une préoccupation peuvent provoquer un bref éveil à n’importe quel moment de la nuit. Mais en première partie de nuit, lorsque le sommeil profond domine, ces éveils sont souvent très courts et passent inaperçus. En seconde partie de nuit, le sommeil étant naturellement plus léger, le même événement a davantage de chances de provoquer un réveil complet. Et une fois les yeux ouverts, le corps commence progressivement à se préparer au réveil tandis que les pensées peuvent rapidement reprendre leur cours : retrouver le sommeil devient alors parfois plus difficile.
Ce réveil de trois heures du matin a donc une explication physiologique. C’est la rencontre entre un sommeil de seconde partie de nuit naturellement plus léger et des variations hormonales qui rendent le corps plus réactif. Il est possible d’agir pour améliorer la qualité de son sommeil.
Quel est le rôle des hormones dans ces réveils nocturnes ?
Pour comprendre ces nuits hachées, il faut regarder du côté de deux hormones. Les œstrogènes et la progestérone, deux hormones sexuelles qui jouent un rôle majeur au cours de la vie reproductive. La progestérone domine la seconde moitié du cycle ; les œstrogènes, eux, agissent bien au-delà de la reproduction, jusque dans la régulation de l’humeur, de la mémoire et de la température corporelle.

À l’approche de la ménopause, ces deux hormones ne baissent pas de façon régulière : elles deviennent erratiques, avec des hauts et des bas imprévisibles, avant de diminuer durablement. Cette phase de transition porte un nom, la périménopause : ce sont les quelques années qui précèdent l’arrêt définitif des règles et l’année qui le suit. La ménopause proprement dite n’est confirmée qu’après douze mois consécutifs sans règles. C’est souvent pendant la périménopause que le sommeil commence à se dérégler.
L’Institut national de la santé et de la recherche médicale rappelle que ces fluctuations d’œstrogènes et de progestérone entraînent tout un cortège de manifestations : règles irrégulières, bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, troubles génito-urinaires (sécheresse intime, inconfort lors des rapports et envies plus fréquentes d’uriner), fatigue, troubles du sommeil, irritabilité et parfois une impression de brouillard cérébral.
Le lien le plus direct avec vos réveils passe par la température. Les œstrogènes participent au réglage fin de la thermorégulation, ce système qui maintient votre corps autour de 37 degrés. Quand leur taux chute, ce thermostat interne se dérègle et devient hypersensible : le cerveau interprète une variation minime comme un excès de chaleur et déclenche à tort une réaction de refroidissement. Une bouffée de chaleur, accompagnée parfois de sueurs et de palpitations, peut suffire à provoquer un réveil nocturne. Ces symptômes regroupés sous le terme de troubles vasomoteurs sont très répandus : selon les manuels médicaux de référence, ils concernent 75 à 85 % des femmes et durent en moyenne près de sept ans et demi, parfois davantage.
Les fluctuations hormonales qui accompagnent cette période peuvent également contribuer à rendre le sommeil plus fragile, indépendamment des bouffées de chaleur. Le repos devient plus léger, plus haché, plus difficile à retrouver après un réveil. Il faut le savoir pour ne pas s’inquiéter outre mesure : ces gênes sont fréquentes et le plus souvent transitoires. Elles s’atténuent avec le temps chez la majorité des femmes, même si un quart d’entre elles rapportent encore des symptômes une dizaine d’années après l’arrêt des règles. Sur cet arrière-plan hormonal, il existe de vraies marges de manœuvre, et c’est tout l’objet des sections suivantes. Pour une vue d’ensemble des leviers naturels propres à cette période, je détaille par ailleurs les solutions naturelles à la ménopause.
Les bouffées de chaleur expliquent-elles tout ?
Les bouffées de chaleur sont volontiers tenues pour responsables de toutes les mauvaises nuits de la ménopause. Elles jouent un rôle majeur, mais elles ne sont pas la seule cause, et c’est important à savoir : beaucoup de femmes dorment mal sans transpirer la nuit. Les troubles du sommeil sont d’ailleurs fréquents à cette période même chez celles qui ne ressentent aucune bouffée. Réduire le problème à la seule chaleur reviendrait à passer à côté d’autres pistes.
La première est respiratoire. Avant la ménopause, les œstrogènes exercent un effet protecteur sur les voies aériennes. Avec la diminution des œstrogènes après la ménopause, le risque augmente d’environ 50 % de développer un syndrome d’apnées du sommeil, c’est-à-dire des pauses respiratoires répétées pendant la nuit qui interrompent brièvement le repos sans que vous en ayez conscience. Ces pauses sont souvent accompagnées de ronflements et suivies de micro-réveils dont le souvenir ne reste pas toujours. Le signe qui doit alerter n’est pas seulement le ronflement, mais l’association d’un sommeil qui semble pourtant suffisant en durée et d’une fatigue présente au réveil et persistante dans la journée. Si votre entourage remarque des arrêts respiratoires, ou si la somnolence diurne devient handicapante, c’est une raison concrète de consulter, car l’apnée du sommeil se diagnostique et se prend en charge.
La deuxième piste est émotionnelle. La périménopause s’accompagne souvent d’une plus grande sensibilité au stress, d’une anxiété qui peut surgir plus facilement et de variations de l’humeur. Or, lorsque l’esprit se met à ruminer, retrouver le sommeil devient beaucoup plus difficile. Ce n’est donc pas un hasard si ces réveils nocturnes s’accompagnent parfois d’une avalanche de pensées et de préoccupations : le sommeil est plus léger, la vigilance augmente et le mental reprend rapidement le dessus.
D’autres manifestations de la ménopause peuvent également fragmenter les nuits. C’est notamment le cas des envies plus fréquentes d’uriner : les changements hormonaux peuvent modifier le fonctionnement de la sphère génito-urinaire et favoriser les réveils nocturnes.
Tout cela explique pourquoi l’insomnie de la ménopause est si répandue : entre 43 % et 69 % des femmes ménopausées déclarent des troubles du sommeil, et jusqu’à 40 % présentent une insomnie chronique, c’est-à-dire des difficultés installées sur plusieurs semaines. La bonne nouvelle, c’est que ces différents mécanismes offrent autant de pistes sur lesquelles agir pour retrouver des nuits plus sereines.
Comment se rendormir après un réveil au milieu de la nuit ?
Quand le réveil survient à trois heures, fixer le plafond en attendant que le sommeil revienne, tendue par l’idée des heures qui défilent, est probablement ce qui aide le moins. Plus vous surveillez l’horloge et calculez le temps qu’il vous reste à dormir, plus vous entretenez l’état d’alerte. Je vous propose ici un outil très simple, sans matériel, à garder pour ces moments : la respiration lente et profonde. Elle favorise l’activation du système nerveux parasympathique, celui qui participe au retour au calme et au repos. Le principe est facile à retenir : respirer lentement, en laissant l’expiration durer un peu plus longtemps que l’inspiration, aide progressivement le corps à relâcher les tensions et à retrouver un état plus propice au sommeil.
Voici comment la pratiquer, sans même sortir du lit. Allongée sur le dos, posez une main sur le ventre. Inspirez doucement par le nez en comptant jusqu’à quatre, en sentant le ventre se gonfler sous votre main plutôt que la poitrine. Puis expirez lentement par la bouche, lèvres à peine entrouvertes, en comptant jusqu’à six, comme si vous souffliez à travers une paille. Marquez une courte pause, puis recommencez. Concentrez toute votre attention sur ce va-et-vient et sur le décompte : c’est ce qui détourne l’esprit des ruminations. Cinq à six minutes suffisent souvent à faire retomber la tension et à laisser la somnolence revenir.
Une deuxième règle complète bien cet exercice. Si, au bout de vingt à trente minutes, vous êtes toujours parfaitement éveillée et que l’agacement monte, ne restez pas à vous retourner. Levez-vous, gardez une lumière très tamisée, installez-vous dans un fauteuil et occupez-vous calmement, sans écran ni lumière vive, jusqu’à sentir de nouveau vos paupières lourdes. Retournez alors vous coucher. Cette approche évite que le lit ne devienne, nuit après nuit, l’endroit où vous luttez contre le sommeil au lieu de le trouver.
Cet exercice peut vous aider ponctuellement lors d’un réveil nocturne, mais l’intérêt de la sophrologie va plus loin. Les techniques de respiration, de relaxation et de détente corporelle s’apprennent et se pratiquent aussi en dehors des moments d’insomnie. À force de répétition, elles deviennent plus faciles à mobiliser lorsque les pensées s’emballent ou que le sommeil tarde à revenir. La sophrologie permet ainsi de se constituer une véritable boîte à outils pour diminuer l’état d’alerte, relâcher les tensions et retrouver progressivement des conditions plus favorables à l’endormissement et au sommeil. Une approche naturelle qui vise surtout à vous rendre autonome face à vos difficultés de sommeil. Je propose un accompagnement spécifiquement consacré à cette problématique : vous pouvez en découvrir les principes dans mon article sur la sophrologie et le sommeil.
Que changer au quotidien pour limiter ces réveils ?
Certaines habitudes favorisent le sommeil à tout âge : conserver des horaires relativement réguliers, dormir dans une chambre calme, limiter les écrans le soir, s’exposer suffisamment à la lumière naturelle et pratiquer une activité physique dans la journée. Je les détaille dans mon guide pour améliorer son sommeil durablement.
À la ménopause, quelques ajustements supplémentaires peuvent toutefois faire la différence. L’un des principaux objectifs est de limiter ce qui favorise les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, mais aussi de créer un environnement qui permette au corps d’évacuer facilement la chaleur. Car si l’on ne peut pas toujours empêcher une bouffée de chaleur de survenir, on peut essayer d’éviter qu’elle ne se transforme en véritable réveil nocturne.

La chambre, d’abord. À la ménopause, les mécanismes de thermorégulation deviennent plus sensibles : dès lors, tout ce qui facilite l’évacuation de la chaleur peut contribuer à rendre les bouffées de chaleur nocturnes moins inconfortables. Visez une chambre fraîche, idéalement autour de 18 °C, et aérez-la avant le coucher. Privilégiez des draps et des vêtements de nuit en matières respirantes (coton, lin) plutôt que des textiles qui retiennent la chaleur (matières synthétiques). Côté literie, mieux vaut superposer un drap et une couette légère plutôt qu’une couette très chaude : vous pourrez ainsi retirer une couche facilement si la température monte. Enfin, gardez un verre d’eau et de quoi vous éponger à portée de main pour éviter d’avoir à vous lever complètement en cas de sueurs nocturnes.
Le soir, certaines habitudes peuvent aussi favoriser les réveils ou accentuer l’inconfort lié aux bouffées de chaleur. L’alcool est un faux ami du sommeil : s’il peut donner l’impression de faciliter l’endormissement, il perturbe ensuite l’architecture du sommeil et favorise les réveils en seconde partie de nuit. Chez certaines femmes, il peut également déclencher ou accentuer les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes. Mieux vaut donc limiter sa consommation, en particulier dans les heures qui précèdent le coucher.
Même vigilance avec la caféine : son action stimulante peut persister plusieurs heures et retarder l’endormissement ou rendre le sommeil plus fragile. Si vous y êtes sensible, réservez café, thé et autres boissons caféinées à la première partie de la journée. Enfin, le soir, privilégiez un dîner digeste et évitez les repas très copieux ou pris juste avant de vous coucher : la digestion augmente naturellement la production de chaleur et peut accentuer l’inconfort au moment où l’organisme cherche justement à abaisser sa température pour favoriser le sommeil.
Plus globalement, l’alimentation peut elle aussi accompagner cette période de transition. Une alimentation de type méditerranéen, riche en légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes, poissons et huiles végétales, constitue une bonne base pour préserver la santé métabolique et cardiovasculaire, particulièrement importante après la ménopause. Certaines études suggèrent également qu’elle pourrait être associée à moins de symptômes vasomoteurs, mais les données restent encore insuffisantes pour en faire un traitement des bouffées de chaleur.
Certaines plantes sont également utilisées pour accompagner les symptômes de la ménopause. Naturel ne signifie toutefois pas sans risque : certaines peuvent interagir avec des médicaments ou être déconseillées dans certaines situations. Mieux vaut donc éviter l’automédication. Je détaille ces précautions dans mon article consacré aux plantes qui soutiennent nos hormones.
Et pour mieux comprendre les changements hormonaux qui accompagnent cette période, vous pouvez également retrouver mon article consacré au fonctionnement du cycle féminin.
Quand faut-il consulter pour des insomnies de ménopause ?
Quelques ajustements dans l’hygiène de vie suffisent parfois à retrouver un sommeil plus serein. Mais lorsque les nuits restent durablement perturbées, il est important de ne pas banaliser la situation. Si les difficultés d’endormissement ou les réveils nocturnes persistent plusieurs semaines, si la fatigue commence à peser sur vos journées, votre concentration ou votre humeur, parlez-en à votre médecin.
Certains signes méritent également une attention particulière. Des ronflements importants, des pauses respiratoires observées pendant la nuit, des réveils avec une sensation d’étouffement ou une somnolence marquée dans la journée peuvent notamment évoquer une apnée du sommeil. Celle-ci devient d’ailleurs plus fréquente chez les femmes après la ménopause. En cas de suspicion, le médecin pourra proposer un enregistrement du sommeil (polysomnographie) afin de confirmer le diagnostic et d’orienter la prise en charge.
Et lorsque le problème est avant tout celui d’un cerveau qui ne parvient plus à décrocher, d’autres approches peuvent trouver leur place. La sophrologie permet d’apprendre des techniques de respiration, de relâchement musculaire et de visualisation que l’on pratique régulièrement, bien avant d’en avoir besoin au milieu de la nuit. Peu à peu, ces outils deviennent plus familiers et plus faciles à mobiliser lorsque les tensions ou les pensées empêchent le sommeil de revenir. Si l’anxiété, les ruminations ou une baisse de moral prennent une place importante, un accompagnement psychologique peut également être précieux.
Enfin, lorsque les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes sont au premier plan, la question du traitement hormonal de la ménopause peut être abordée avec le médecin ou le gynécologue. En diminuant les symptômes vasomoteurs, il peut aussi améliorer la qualité du sommeil chez certaines femmes. Son indication reste toutefois individuelle et dépend notamment des symptômes, de l’âge, du moment de la ménopause et des antécédents médicaux.
L’essentiel est donc de ne pas considérer ces nuits difficiles comme une fatalité de la ménopause. Selon leur origine, plusieurs leviers peuvent être associés : prise en charge médicale lorsque cela est nécessaire, travail sur le sommeil et le stress, activité physique, alimentation et hygiène de vie. C’est dans cette approche globale que peut également s’inscrire la naturopathie. Si vous souhaitez être accompagnée de façon personnalisée, je vous reçois en consultation de naturopathie à Asnières-sur-Seine.
Questions fréquentes
Pourquoi ces réveils vers 3 ou 4 heures du matin à la ménopause ?
Pour un coucher autour de 22 h 30, trois ou quatre heures du matin correspondent déjà à la seconde moitié de la nuit. Le sommeil profond, plus présent durant les premières heures, laisse progressivement davantage de place au sommeil léger et au sommeil paradoxal. Le sommeil devient alors plus facile à interrompre. Une bouffée de chaleur, des sueurs nocturnes, une envie d’uriner ou simplement une préoccupation qui refait surface peuvent suffire à provoquer un véritable réveil.
Ces mêmes événements peuvent survenir plus tôt dans la nuit sans nécessairement laisser de souvenir. En seconde partie de nuit, en revanche, il est plus facile d’émerger complètement du sommeil, et parfois plus difficile de s’y replonger. Ces réveils en milieu de nuit s’expliquent en partie par la rencontre entre l’architecture naturelle du sommeil et les bouleversements qui accompagnent cette période.
La ménopause peut-elle provoquer des insomnies sans bouffées de chaleur ?
Oui. Les troubles du sommeil sont fréquents à la ménopause même chez les femmes qui ne ressentent aucune bouffée de chaleur. La baisse des œstrogènes et de la progestérone rend le sommeil plus léger et plus fragmenté. S’y ajoutent d’autres causes indépendantes de la chaleur : un risque accru d’apnée du sommeil, une plus grande sensibilité au stress et à l’anxiété, ou des envies fréquentes d’uriner. Si vous dormez mal sans transpirer la nuit, la ménopause peut donc tout à fait être en cause.
Combien de temps durent les troubles du sommeil de la ménopause ?
Ils varient beaucoup d’une femme à l’autre. Les symptômes vasomoteurs comme les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes durent en moyenne près de sept ans et demi, parfois davantage. La plupart des gênes s’atténuent avec le temps, mais environ un quart des femmes rapportent encore des symptômes une dizaine d’années après l’arrêt des règles. Il n’est toutefois pas nécessaire de subir ces troubles pendant des années, plusieurs leviers peuvent contribuer à améliorer la qualité du sommeil et le confort des nuits. Agir sur l’hygiène de vie, la respiration et, si besoin, un accompagnement médical permet d’améliorer nettement le confort des nuits en attendant que la situation hormonale se stabilise.
Que faire en cas de réveil nocturne sans parvenir à se rendormir ?
Évitez de surveiller l’heure et essayez un exercice de respiration profonde en restant allongée : inspirez par le nez en comptant jusqu’à quatre, puis expirez par la bouche en comptant jusqu’à six, pendant quelques minutes. Une expiration légèrement plus longue que l’inspiration contribue à diminuer l’état d’alerte et à favoriser le retour au calme. Si vous êtes toujours parfaitement éveillée au bout de vingt à trente minutes, levez-vous, gardez une lumière très tamisée, occupez-vous calmement sans écran, et ne retournez au lit qu’à la somnolence. Cela évite que le lit ne devienne l’endroit où vous luttez contre le sommeil.
Le traitement hormonal de la ménopause améliore-t-il le sommeil ?
Chez certaines femmes, oui, mais de façon indirecte : en réduisant les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, il diminue les réveils qu’elles provoquent. Ce n’est pas un somnifère et ce n’est pas une solution universelle. Le traitement hormonal de la ménopause est un traitement médical dont l’indication doit être évaluée individuellement avec un professionnel de santé, en fonction des symptômes, de l’âge, des antécédents et des éventuelles contre-indications.
Quand faut-il consulter pour des insomnies liées à la ménopause ?
Consultez quand l’insomnie persiste plusieurs semaines malgré une bonne hygiène de sommeil, quand la fatigue la journée devient handicapante, ou quand des ronflements avec pauses respiratoires évoquent une apnée du sommeil. L’insomnie chronique augmente le risque cardiovasculaire et mérite une prise en charge. Si une apnée est suspectée, un enregistrement du sommeil peut être proposé par un médecin. En accompagnement, la sophrologie aide à installer un réflexe de détente mobilisable la nuit venue.
À retenir
- Les réveils vers 3 ou 4 heures du matin sont fréquents à la ménopause : le sommeil est naturellement plus léger en seconde partie de nuit et donc plus facile à interrompre.
- Les fluctuations hormonales de la périménopause peuvent perturber le sommeil, notamment en favorisant les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, qui constituent une cause fréquente de réveils.
- Les hormones n’expliquent pas tout : anxiété, ruminations, envies fréquentes d’uriner ou encore apnée du sommeil peuvent également fragmenter les nuits.
- En cas de réveil, une respiration lente, avec une expiration légèrement plus longue que l’inspiration, peut aider à diminuer l’état d’alerte et créer des conditions plus favorables au retour du sommeil.
- Une chambre fraîche et des matières respirantes, mais aussi la limitation de l’alcool et de la caféine en fin de journée, peuvent aider. Une alimentation de type méditerranéen constitue par ailleurs une bonne base pour accompagner cette période de transition.
- Une insomnie qui s’installe, une fatigue importante dans la journée ou des signes évocateurs d’apnée du sommeil justifient une consultation. Les approches complémentaires peuvent trouver leur place aux côtés d’une prise en charge médicale lorsqu’elle est nécessaire.
Pour aller plus loin
- Assurance Maladie (ameli.fr) : Ménopause et troubles du sommeil, pourquoi ? Les mécanismes des troubles du sommeil à la ménopause, le rôle des symptômes vasomoteurs, le risque accru d’apnée et les chiffres de prévalence.
- Assurance Maladie (ameli.fr) : Comment mieux dormir à la ménopause ? Les mesures d’hygiène de vie, la thérapie cognitive et comportementale de l’insomnie et les repères pour consulter.
- Inserm : dossier Ménopause Le rôle des œstrogènes et de la progestérone, les symptômes de la périménopause et leur évolution dans le temps.
- Manuels MSD, version grand public : Ménopause Une synthèse médicale sur la périménopause, les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et leur durée.
- American Academy of Sleep Medicine : enquête sur le sommeil des femmes (18 mai 2026) Les données sur les réveils nocturnes et les bouffées de chaleur qui perturbent le sommeil des femmes de 45 à 64 ans.



