Les dangers méconnus de la crème solaire
La crème solaire comporte-t-elle des dangers pour notre peau et notre organisme ? Peut-on faire confiance aux crèmes solaires vendues en pharmacie ? Les crèmes solaires pour les bébés et les enfants sont-elles sûres ?
Beaucoup d’entre vous ne se sont peut être jamais posés ce genre de questions. Il est vrai que les dermatologues nous répètent à longueur de temps que se protéger la peau du soleil est indispensable. Et sur ce point ils ont raison. Malgré ces messages de prévention, le nombre de nouveaux cancers de la peau a explosé et la tendance est en constante augmentation. Beaucoup d’erreurs sont faites par méconnaissance des effets du soleil sur la peau. Les produits solaires sont aussi la plupart du temps mal utilisés.
Bien que les produits solaires soient indispensables pour faire barrière aux rayons UV, il s’agit de ne pas acheter n’importe quoi. En effet, les produits solaires ne sont ni plus ni moins qu’un cocktail de produits chimiques loin d’être anodin pour notre peau. Et trop de marques utilisent encore des ingrédients controversés, sous couvert que les consommateurs qui les achètent n’y comprennent rien !
Alors à la fin de cet article, vous pourrez choisir votre crème solaire en toute connaissance de cause !
Quelle crème solaire choisir ?
La crème solaire permet d’assurer une protection contre les rayons ultraviolets émis par le soleil, les UVA et les UVB. Sa fonction est d’éviter les effets délétères du soleil sur la peau (coups de soleil, vieillissement prématuré, tâches cutanées, carcinomes…). Elle doit néanmoins être bien tolérée par la peau.
Certaines substances chimiques utilisées, mais aussi naturelles comme les allergènes, peuvent être irritantes et créer des allergies cutanées (rougeurs, démangeaisons…). Les peaux les plus réactives et sensibles doivent donc privilégier les protections solaires hypoallergéniques (qui vont minimiser les risques d’allergies), et sans parfum.
Une crème solaire doit aussi être exempte de perturbateurs endocriniens, perturbateurs qui ont la capacité de mimer le fonctionnement de certaines hormones et de se substituer à elles, venant ainsi perturber le bon fonctionnement du système endocrinien. Et alors qu’un nombre incalculable d’études fait le lien entre les perturbateurs endocriniens et leurs effets potentiels sur la santé, ils sont présents dans la majorité des produits solaires, quelles que soient les marques, et aussi, plus inquiétant, dans des produits destinés aux bébés et aux enfants, les plus sensibles aux dommages des perturbateurs endocriniens !
A noter que l’imprégnation excessive de certains enfants aux perturbateurs endocriniens conduit à avancer l’âge de la puberté, parfois de manière complètement anormale. On voit ainsi de plus en plus de petites filles qui commencent à être formées à partir de 8 ans, conséquence directe de cette exposition cumulée aux perturbateurs endocriniens qui sont partout dans notre environnement et dans notre alimentation.
Endométriose, SOPK ou problèmes de fertilité, ces pathologies ont toutes en commun les perturbateurs endocriniens. Ils constituent un véritable problème de santé publique. Les marques sont pourtant bien au courant, ce qui ne les empêchent pas de continuer à les utiliser.
Pour éviter d’acheter une crème qui comporte des perturbateurs endocriniens, vous avez deux options. Soit vous vérifiez dans la liste des ingrédients qu’aucun ingrédient problématique que je vous liste ci-dessous n’est présent. Soit vous vous aidez d’une application pour choisir, car les perturbateurs endocriniens mais aussi les molécules qui posent problème sont normalement pénalisées.
Quelles crèmes solaires éviter ?
Les filtres solaires sont autorisés par une réglementation européenne. Les parabens les plus dangereux ont été interdits en 2014 mais plusieurs substances très controversées sont encore présentes dans de nombreux produits solaires.
J’ai choisi de parler ici des molécules chimiques les plus problématiques et qu’il faut mieux éviter. Evitez les crèmes solaires qui comportent :
- Du phénoxyéthanol
Utilisé comme conservateur pour empêcher le développement bactérien dans les produits de beauté en général. Il est reconnu comme potentiellement dangereux pour les bébés et les enfants, comme allergène pouvant entraîner de l’eczéma et de l’urticaire chez les personnes intolérantes, et toxique pour le foie et la fertilité de l’homme si utilisé en excès. À proscrire chez les personnes allergiques, les enfants, les femmes enceintes et celles qui allaitent.
- De l’oxybenzone
Ce filtre chimique se trouve aussi sous l’appellation benzophénone-3 ou BP3. Il est suspecté d’être un perturbateur endocrinien, cancérigène et serait allergisant. À proscrire chez les enfants et les femmes enceintes.
Pour aller plus loin, l’Oréal évoque l’oxybenzone sur son site.
- De l’avobenzone
On le trouve souvent sous l’appellation butyl methoxydibenzoylmethane, il est suspecté d’être un perturbateur endocrinien et est polluant pour l’environnement. On le trouvait par exemple dans la crème solaire « Visage anti-rides » SPF 50 de la marque Caudalie en 2020. La marque a depuis revu toutes ses formules.
- De l’octocrylène
Ce filtre solaire est allergisant et potentiellement cancérigène. Les marques La Roche-Posay, Lancaster, Mixa et Ambre Solaire y ont recours. L’Oréal se défend ici de continuer à utiliser l’octocrylène dans ses crèmes solaires, tout en admettant qu’il y a mieux…
Mise à jour 2024 : Mixa a revu l’intégralité de sa gamme solaire et a enlevé la majorité des molécules problématiques, dont l’octocrylène, le phénoxyéthanol et le dioxide de titane sous forme nano. Néanmoins les compositions de toutes les références restent très mal notées.
- Du BHA ou BHT
Perturbateurs endocriniens, utilisés chez Lancaster.
- Du cyclopentasiloxane
Cet ingrédient utilisé comme émollient perturbe le fonctionnement endocrinien. On le retrouve dans la crème minérale Avène SPF 50+ mais aussi dans les références solaires de Lancaster.
- Du parfum
Sous l’appellation parfum ou fragrance se cachent en fait des phtalates, et donc des perturbateurs endocriniens. Il faut opter pour une crème sans parfum si possible, cela est précisé sur l’emballage. La majorité des crèmes solaires en sont malheureusement dotés.
- De l’ethylhexyl methoxycinnamate
Perturbateur endocrinien reconnu quand utilisé à haute dose et potentiellement cancérigène. Impact in vivo prouvé sur la fonction thyroïdienne. On en trouve par exemple dans la crème « Sun kids » SPF 50 de Lancaster !
- Des filtres minéraux sous forme de nanoparticules
On les trouve mentionnés comme ceci « oxyde de zinc [nano] » et « dioxyde de titane [nano] ». Leur utilisation permet d’éviter l’effet blanc dans les produits solaires utilisant des filtres minéraux. Leur petite taille favorise la pénétration dans l’organisme. Elle devient problématique en cas d’inhalation. Les nanoparticules d’oxyde de zinc et de dioxyde de titane sont par conséquent interdites dans les aérosols et autres produits pulvérisables. Par principe de précaution, je déconseille l’utilisation de crèmes solaires avec nanoparticules.
Les marques Patyka et laboratoires de Biarritz en ont.
- Du methylene bis-benzotriazolyl tetramethylbutylphenol
Ce filtre chimique anti-UV se trouve sous forme nanoparticulaire. Il est considéré comme sûr par le CSSC (Comité Scientifique européen pour la Sécurité des Consommateurs) mais les études ne portent pas sous sa forme nanoparticulaire. En attendant les preuves formelles de son non-toxicité, je recommande d’éviter les crèmes le proposant sous cette forme précise comme le lait solaire SPF 50+ dédié aux enfants de la marque Avène. On retrouve sur le tube la mention « Peau sensible de l’enfant ». On peut supposer que les enfants avec une peau sensible ont davantage de risques d’avoir des lésions cutanées dues à des irritations par exemple. D’une manière générale les enfants ont fréquemment des plaies. Or les molécules sous la forme nano ne doivent absolument pas être appliquées sur une peau lésée (coupée, brûlée ou irritée) afin d’éviter la pénétration dans l’organisme.
Voici un exemple qui démontre que les crèmes solaires conçues pour les enfants ne sont pas plus fiables au niveau de leur composition…
- De l’homosalate
Voici une nouvelle molécule, que je n’avais pas listée en 2020, et pour cause, elle était considérée comme sûre en 2007 par le CSSC, avec un dosage pouvant aller jusqu’à 10%. Mais en 2021 les recommandations ont radicalement changées. Le CSSC reconnaît que l’homosalate représente un danger pour la santé humaine quand il est utilisé aux dosages précédemment autorisés ! Le niveau est abaissé à 0,5%. A noter qu’il pourrait aussi être néfaste pour la faune et la flore.
Faut-il choisir une crème solaire minérale ?
A la différence des filtres chimiques, les filtres minéraux ne sont pas absorbés par la peau mais restent à sa surface. Ils agissent comme une barrière en réfléchissant les rayons UV. Leur protection est immédiate. Les molécules utilisées sont l’oxyde de zinc et/ou le dioxyde de titane qui peuvent l’être sous forme de nanoparticules. Les marques ont l’obligation de le mentionner (mais beaucoup ne le font pas). Comme précisé précédemment, il vaut mieux éviter une crème si vous voyez la mention « nano » et ne pas l’utiliser sur une peau abîmée ou sur un coup de soleil.
Seuls les filtres minéraux peuvent être labellisés « bio ». Ils sont conseillés pour les peaux sensibles et allergiques au soleil. L’avantage est qu’ils ne comportent aucun perturbateur endocrinien. Par contre les crèmes solaires minérales laissent généralement des traces blanches sur la peau, qui s’estompent néanmoins quelques temps après l’application. La question se pose aussi quant à leur efficacité.
Les crèmes solaires protègent-elles contre les rayons UV du soleil ?
La question de savoir si la crème solaire protège la peau contre les rayons du soleil peut paraître étonnante puisque c’est la principale fonction d’une crème solaire. Et pourtant, la protection d’une crème solaire contre les UV va dépendre de son SPF. Il y a peu de différences entre un SPF 30 et un SPF 50. Par contre, une crème solaire avec un spf inférieur à 30 n’est pas assez protectrice.
Une crème solaire doit ensuite nous défendre contre les UVB mais aussi contre les UVA, qui sont en fait beaucoup plus nocifs pour la peau. Le sigle UVA doit donc être présent sur le tube de crème solaire. Cela signifie sinon que la protection ne concerne que les UVB.
Les crèmes solaires ont des filtres anti UVB pour empêcher la peau de brûler, et anti UVA pour limiter le vieillissement de la peau.
Le niveau de protection va également dépendre de la quantité de crème solaire appliquée sur le corps et sur le visage. Et là c’est certain, personne n’en met suffisamment. Tout simplement car les quantités demandées sont très (trop) importantes ! Parce que les produits solaires sont des produits plutôt gras voire très gras mais aussi que les crèmes solaires tachent les vêtements, on a plutôt tendance à en mettre le minimum.
C’est pourquoi, quand vous appliquez une crème solaire avec une protection 50, l’indice est facilement abaissé à 30 par insuffisance de produit appliqué.
Enfin, il y a aussi une différence entre le SPF indiqué sur l’emballage et la réalité. En 2022, le magazine Que choisir (juillet 2022) avait mis à l’index la crème solaire Cattier car la protection annoncée n’était pas au rdv.
Mais si la majorité des fabricants respectent la protection indiquée contre les UVB, ce n’est pas le cas concernant les UVA. Le dernier comparatif et test de 8 crèmes solaires par le magazine 60 millions de consommateurs en juin 2025 fait état de résultats décevants contre les UVA.
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