Pourquoi autant de plantes à éviter pendant la grossesse ?

Parce que la plupart des médicaments sont interdits pendant la grossesse, il est naturel de vouloir se tourner vers d’autres techniques. Les tisanes que l’on trouve en supermarché ont participé à faire connaître certaines plantes auprès du plus grand nombre. Donnant aussi l’impression que les plantes, d’une manière générale, sont inoffensives.

En France, 148 plantes sont autorisées en vente libre. Chacune d’entre elles contient de nombreuses molécules actives. Elles sont considérées comme de véritables remèdes naturels par ceux qui les connaissent et les recommandent (herboristes, naturopathes, phytothérapeutes, aromathérapeutes…).

Le recours à la plupart des plantes est déconseillé pendant la grossesse mais aussi pendant l’allaitement. En effet, les études cliniques sont trop peu nombreuses, voire totalement absentes, pour évaluer l’efficacité et la sécurité des centaines de plantes existantes.

Plantes et grossesse, des effets méconnus

Les 148 plantes autorisées en France sont parmi les plus étudiées. Pourtant, rares sont les études qui évaluent leurs effets pendant la grossesse. C’est pourquoi, face à cette méconnaissance et cette absence d’évaluation, le principe de précaution s’impose.

Tout actif naturel non évalué est donc par principe déconseillé pendant la grossesse.

Ce principe de précaution est sans aucun doute parfois excessif.

Néanmoins, en tant que naturopathe, je constate que la phytothérapie est trop souvent utilisée en automédication, sans avoir les connaissances de base nécessaires pour s’assurer d’une totale innocuité.

L’idée selon laquelle ce qui est naturel est sans danger est ancrée, à tort, dans l’imaginaire collectif.

Cette automédication peut conduire à des :

  • Erreurs de dosage : soit par un dosage trop faible pour être efficace, soit par surdosage, entrainant des effets secondaires indésirables,
  • Interactions avec certains médicaments ou avec d’autres plantes utilisées conjointement,
  • Effets négatifs sur le bon développement fœtal ou sur le bon déroulement de la grossesse.

Tour d’horizon des plantes principales à éviter pendant la grossesse.

Les plantes hormonales

Durant la grossesse, les plantes ayant des propriétés hormonales sont déconseillées car les phyto-œstrogènes qu’elles contiennent peuvent interférer avec la production d’œstrogènes et de progestérone, déjà très élevée pendant la grossesse.

Dans la même lignée, les plantes emménagogues, favorisant l’apparition des règles, peuvent entrainer un risque important de fausse couche ou d’accouchement prématuré.

Voici les plantes hormonales les plus courantes à éviter pendant la grossesse et l’allaitement :

  • Le gattilier (Vitex agnus castus),
  • La sauge officinale (Salvia officinalis L.),
  • L’armoise commune (Artemisia vulgaris L.),
  • L’absinthe (Artemisia absinthium L.),
  • Le houblon (Humulus lupulus),
  • L’achillée millefeuille (Achillea millefolium L.).

Les plantes abortives

Les plantes qui contiennent des molécules telles que la thuyone ont des propriétés abortives car elles stimulent les contractions du muscle utérin. L’absinthe (Artemisia absinthium) et le thuya (Thuya occidentalis) en sont les principales.

La papaye verte, à cause de la papaïne qu’elle contient, est également à éviter.

Les plantes antidépressives

Le millepertuis

Le millepertuis est l’une des plantes recommandées en cas de dépression légère à modérée.

Néanmoins, trop peu d’études ont été faites auprès des femmes enceintes pour affirmer qu’il est sans danger pendant la grossesse.

Le safran

La 2ème plante recommandée est le safran, plus précisément le crocus sativus, qui est l’extrait de stigmate du safran. Ses bénéfices sont avérés pour soulager la dépression légère à modérée.

Mais comme pour le millepertuis, en l’absence d’études suffisantes, son usage est déconseillé pendant la grossesse.

L’eschscholtzia

Plus connu sous le nom de pavot de Californie, l’eschscholtzia est réputée pour réduire les troubles du sommeil et pour ses propriétés sédatives. Cette plante est également utilisée comme anxiolytique naturel, pour réduire la nervosité et l’anxiété. En raison de la présence d’alcaloïdes, le pavot de Californie ne doit pas être consommé pendant la grossesse et l’allaitement.

Les plantes adaptogènes

Les plantes adaptogènes aide l’organisme à s’adapter à son environnement. Leur périmètre d’action est large. Les plantes adaptogènes ont des bienfaits prouvés aussi bien pour réguler le sommeil, l’appétit, l’humeur que pour soulager certains troubles métaboliques.

Les plus courantes sont les suivantes : ginseng coréen (Ginseng rouge), rhodiole (Rhodiola rosea), griffonia (Griffonia Simplicifolia) et ginseng sibérien (Eleuthérocoque).

Cependant elles sont toutes déconseillées pendant la grossesse et l’allaitement car leurs effets sur le fœtus sont inconnus.

Les plantes stimulantes

On entend par plantes stimulantes toutes les plantes contenant de la caféine. Les plantes à caféine sont la guarana, le kola, le maté, le caféier, ou encore le thé vert.

La caféine se trouve également dans certains aliments comme le chocolat ou les boissons à base de cola.

La caféine peut être responsable de nervosité, d’anxiété, d’insomnie, d’hypertension artérielle, de troubles du rythme cardiaque et de tremblements. C’est pourquoi toute plante ou aliment en contenant doit être limité pendant la grossesse. Aucun problème si vous buvez 2 cafés ou 2 thés par jour. Il faut plus veiller à l’effet cumulatif sur une journée et être vigilant à d’éventuels symptômes liés à un excès de caféine.

Conclusion

Bien que la plupart des plantes soient à éviter pendant la grossesse, certaines sont heureusement autorisées et viennent soulager certains maux de la grossesse. Néanmoins, je déconseille l’automédication. En tant que naturopathe, je me ferais un plaisir de vous recommander les plantes les plus adaptées pour vous, les formes à privilégier et les dosages appropriés.

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