Les dangers des édulcorants et des additifs pendant la grossesse
Peut-on consommer des édulcorants pendant la grossesse ?
Pendant la grossesse, saviez-vous que vos choix alimentaires pouvaient avoir un impact sur la santé de votre bébé ?
Vous doutiez-vous que ce que vous mangez aura une influence sur son poids de naissance, sur ses goûts mais aussi sur sa santé hormonale et sa fertilité ?
Lisez mon article pour comprendre tout ce qui se joue pendant la vie fœtale.
Pourquoi les 1000 premiers jours sont aussi importants pour la santé de son bébé ?
Les femmes enceintes sont généralement alertées sur leur consommation de sucres, qui, en excès, peut favoriser le diabète gestationnel. C’est à ça que sert le test du glucose proposé au 6ème mois de grossesse. En effet, le diabète gestationnel montre que le terrain métabolique est déjà affaibli. C’est pourquoi les femmes enceintes ayant fait du diabète gestationnel ont un risque très élevé de développer ensuite un diabète.
Pendant la grossesse, de nombreuses femmes s’autorisent des écarts et consomment des produits trop gras et trop sucrés – avec une prise de poids excessive à la clé. Cependant, beaucoup de futures mamans essaient au contraire de contrôler leur prise de poids. En effet, les envies de grossesse ne se portent pas toujours sur une barquette de fraises, mais parfois sur de la junk-food ou des produits que l’on s’interdit habituellement. L’une des solutions apparentes est alors de se tournent vers les produits « sans sucre » ou « light ».
Mais ces produits contiennent souvent des édulcorants artificiels, comme l’aspartame ou l’acésulfame K. Bien qu’autorisés dans l’alimentation, leur consommation pendant la grossesse suscite des interrogations légitimes quant à leur innocuité. Alors, faut-il éviter les édulcorants pendant la grossesse ? On fait le point.

Qu’est-ce qu’un édulcorant ?
Un édulcorant est une substance, naturelle ou synthétique, utilisée pour conférer une saveur sucrée à un aliment.
Certains apportent des calories comme le glucose, le fructose et leurs dérivés (sirop de glucose-fructose, sucre inverti…). Tout simplement car ils proviennent de produits naturels et que ce sont les éléments constitutifs des végétaux.
Les édulcorants de synthèse possèdent un pouvoir sucrant très élevé. L’aspartame a ainsi un pouvoir sucrant 200 fois supérieur à celui du sucre. Utilisés en très petites quantités, les édulcorants synthétiques n’apportent donc pas de calories. Néanmoins de petites quantités ne sont pas pour autant anodines pour la santé pour autant.
C’est pourquoi, chaque édulcorant possède une DJA.
Qu’est-ce que la Dose Journalière Admissible ?
La quantité maximale d’un édulcorant qui peut être consommé au quotidien sans risque pour la santé est définie par la DJA ou Dose Journalière Admissible. Elle varie selon le poids corporel de chaque personnel. Cela signifie que la consommation de produits light chez une femme qui pèse 50kg n’aura pas la même incidence que chez une autre qui pèse 80kg.
Dans quels produits trouve-t-on des édulcorants ?
Les édulcorants sont ajoutés dans de nombreux produits. On en trouve dans :
- les boissons light ou sans sucre,
- les desserts 0 %,
- les yaourts allégés,
- les chewing-gums,
- des médicaments,
- des compléments alimentaires, dont des compléments alimentaires dédiés à la grossesse comme le Gynéfam supra grossesse !!!
Les édulcorants les plus courants dans ces produits sont :
- L’aspartame (E951)
- L’acésulfame K (E950)
- Le sucralose (E955)
- La stévia (naturel, mais parfois transformé industriellement)

Aspartame et acésulfame K : de quoi s’agit-il ?
🔹 Aspartame
L’aspartame est un édulcorant artificiel environ 200 fois plus sucré que le sucre. Il est largement utilisé dans les boissons light, les bonbons, les desserts et même certains médicaments.
Particularité : L’aspartame est décomposé dans le corps en trois composants : acide aspartique, phénylalanine et méthanol. Ce sont ces métabolites qui soulèvent des préoccupations.
🔹 Acésulfame K (ou acésulfame de potassium)
C’est un édulcorant artificiel possédant le même pouvoir sucrant élevé. Il est souvent utilisé en combinaison avec d’autres édulcorants pour améliorer le goût.
Caractéristique : L’acésulfame K n’est pas métabolisé par l’organisme. Il est éliminé tel quel dans les urines. Sa stabilité à la chaleur en fait un additif courant dans les produits cuits ou stérilisés.
Ces deux édulcorants sont notamment présents dans le Coca Cola Light et Zéro.
Pourquoi de nombreux produits sont-ils déconseillés pendant la grossesse ?
Le principe de base pendant la grossesse est de TOUJOURS appliquer un principe de précaution.
Aussi, c’est ce qui explique que de nombreuses plantes sont déconseillées pendant la grossesse.
Je vous invite à lire mon article dédié aux plantes autorisées ou non quand on est enceinte.
Ces plantes sont déconseillées uniquement car les laboratoires n’effectuent pas d’études pour vérifier sur l’innocuité de tel ou tel produit sur les femmes enceintes et le fœtus. Cela coûterait trop cher et la logistique, il est vrai, serait plus compliqué à gérer que pour une population classique.
Bref, comme on manque de données fiables, on part du principe qu’il vaut mieux éviter de consommer des produits qui pourraient avoir des conséquences dommageables pour le fœtus et le futur bébé.
Le problème avec les produits industriels, c’est que l’on sait qu’ils contiennent de nombreux additifs. Et que ces additifs sont mauvais pour la santé. Là les études ne manquent pas.
Les données scientifiques démontrent clairement que des liens existent entre une consommation élevée d’additifs et le diabète, les cancers, les maladies inflammatoires de l’intestin, la dépression, l’anxiété, le surpoids, l’obésité, etc…
Un article récent édité par le magazine Cerveau & Psycho a fait une compilation de différentes études sur les effets des édulcorants. L’article montre que les édulcorants jouent le rôle de perturbateurs décisionnels.
Et pourtant ces additifs sont toujours présents dans notre alimentation, sous couvert de cette fameuse DJA.
Deux problèmes se posent :
- L’effet cumulatif de la consommation de plusieurs produits contenant des édulcorants et d’autres additifs n’est pas pris en compte, c’est ce que l’on appelle l’effet « cocktail »,
- Certaines personnes sont plus vulnérables que d’autres aux effets des additifs (enfants, adolescents, femmes enceintes, femmes allaitantes, personnes immunodéprimées, personnes avec des pathologies chroniques, personnes âgées), or aucune alerte de consommation n’est apposée sur les étiquettes de ces produits.

Quelles sont les conséquences des édulcorants sur la grossesse ?
1. Ils peuvent traverser le placenta
Des études ont montré que certains édulcorants, comme l’acésulfame K, passent dans le sang du bébé via le placenta. Le fœtus peut donc directement y être exposé. Or, les effets à long terme de cette exposition précoce sur le développement du bébé ne sont pas connus.
2. Ils pourraient augmenter le risque d’obésité infantile
Une consommation fréquente d’édulcorants artificiels pendant la grossesse pourrait être liée à un risque plus élevé de surpoids ou d’obésité chez l’enfant. En cause : une possible perturbation du métabolisme ou de la régulation de l’appétit, dès la vie intra-utérine.
3. Le cas particulier de l’aspartame et de la phénylalanine
L’aspartame est transformé dans l’organisme en plusieurs composés, dont la phénylalanine, qui peut être toxique à haute dose, notamment chez les femmes atteintes de phénylcétonurie (une maladie rare mais grave). Même en l’absence de cette maladie, une prudence est recommandée.
4. Risque potentiel de naissance prématurée ou de complications
Des études observationnelles ont mis en évidence un lien possible entre la consommation fréquente de boissons édulcorées (notamment contenant de l’aspartame ou de l’acésulfame K) et une augmentation du risque de naissance prématurée.
Je vous invite à lire l’article du Monde sur l’aspartame et les femmes enceintes. Le journal s’était fait écho d’une vaste étude danoise publiée en 2010 et menée auprès de 60000 femmes enceintes et qui concluait à des risques d’accouchement prématuré considérablement augmenté chez les consommatrices.
5. Les effets à long terme sont encore mal connus
Bien que les agences de sécurité alimentaire (EFSA, FDA) aient validé ces édulcorants à faibles doses, les effets d’une consommation régulière pendant la grossesse restent mal documentés. Par principe de précaution, il est conseillé de les éviter.

Que consommer pendant la grossesse à la place des produits light ?
- L’eau reste la meilleure boisson pendant la grossesse (plate, pétillante, aromatisée naturellement avec du citron ou de la menthe).
- Le kombucha et le kéfir de fruits sont deux boissons à privilégier en tant qu’alternatives aux boissons sucrées ou édulcorées. Il existe de nombreux goûts différents. Ces boissons sont naturelles et peu sucrées. De plus, elles contribuent à la bonne santé du microbiote, grâce à la présence de bonnes bactéries.
- Les fruits frais ou compotes sans sucres ajoutés pour satisfaire les envies sucrées.
- Le miel ou le sirop d’érable comme sucrant naturel, en se limitant à une cuillère à café par jour.
En résumé : les additifs et les édulcorants pendant la grossesse ne font pas bon ménage
Même s’ils sont autorisés, les édulcorants et autres additifs comme l’aspartame et l’acésulfame K sont à éviter pendant la grossesse. Ils peuvent traverser le placenta, perturber le métabolisme du bébé, et leurs effets à long terme sont encore incertains.
Par précaution, mieux vaut opter pour une alimentation la plus naturelle et équilibrée possible, en évitant les produits ultra-transformés.
Moins de produits transformés = plus de sécurité pour vous et votre bébé.
Envie de tout savoir sur les nutriments indispensables pour vous et votre bébé pendant la grossesse ? Voici mon ebook dédié à l’alimentation pendant la grossesse.
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