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3 choses à contrôler pour ne pas prendre de poids à la ménopause

Ne pas prendre de poids à la ménopause est le souhait de toutes les femmes. Nombreuses sont celles qui commencent pourtant à prendre du poids dès la préménopause. La prise de poids peut être rapide ou s’étaler dans le temps.

Dans cet article, je vous explique les 3 choses à contrôler pour ne pas grossir à la ménopause. 3 facteurs essentiels rarement évoqués par les médecins.

Pourquoi je prends du poids à la ménopause ?

Si la prise de poids, notamment au niveau du ventre, est courante à la ménopause, elle commence souvent bien avant, et ce dès la préménopause. Une étude parue en 2010 estimait la prise de poids à environ un kilo par an.

Plusieurs phénomènes expliquent la prise de poids à la ménopause. Il y a évidemment le rôle des hormones, et plus particulièrement celui des œstrogènes. En effet, les œstrogènes stimulent naturellement le métabolisme. Leur baisse favorise le stockage des graisses au niveau abdominal et ralentit le métabolisme de base.

A cela vient s’ajouter une perte de masse musculaire, qui commence dès la trentaine mais qui s’accentue un peu plus à chaque nouvelle dizaine. A la ménopause, il y a une accélération de la diminution de la masse musculaire. Cette perte de muscles vient elle aussi ralentir la dépense énergétique au repos.

Alors forcément, à alimentation égale, les femmes prennent du poids. Et le corps devient plus sensible aux excès, de sucre et de graisses.

Enfin le stress chronique augmente le taux de cortisol, une hormone qui favorise le stockage des graisses abdominales.

Les troubles du sommeil, courants à cette période, perturbent les hormones de la faim (ghréline et leptine).

Sans être accompagnée, il est donc difficile d’éviter la prise de poids.

Les facteurs que je vais maintenant vous présenter sont aussi de potentiels acteurs majeurs dans la prise de poids à la ménopause.

Contrôler sa thyroïde avant et après la ménopause

La glande thyroïde est un organe qui sécrète des hormones. Elle fait partie du système endocrinien, système majeur qui regroupe tous les organes synthétisant des hormones. L’hypothalamus et l’hypophyse en sont la tour de contrôle.

Elle est considérée comme le chef d’orchestre de toutes les hormones (glandes sexuelles, glande pinéale, hypothalamus, ovaires, action sur les follicules, la nidation et la formation du placenta, action sur le tissu osseux, les surrénales, le système immunitaire, le système digestif, le système nerveux, etc).

Et ce qui nous intéresse ici particulièrement : elle régit notre métabolisme de base. En clair, c’est elle qui détermine la quantité de calories que votre organisme va brûler pour fonctionner.

La thyroïde est un organe particulièrement sensible aux variations hormonales liées à la vie de la femme, plus particulièrement la grossesse et la ménopause.

Après la ménopause, des dysfonctionnements de la thyroïde apparaissent fréquemment. La glande thyroïdienne commence à ralentir et des symptômes d’hypothyroïdie peuvent être ressentis. La maladie d’Hashimoto est la pathologie auto-immune qui touche la thyroïde.

L’hypothyroïdie peut se manifester par une quarantaine de symptômes différents.

Voici les symptômes de l’hypothyroïdie les plus courants :

  • Fatigue
  • Prise de poids inexpliquée
  • Sensibilité au froid, peau froide
  • Constipation
  • Diminution du métabolisme
  • Peau sèche, ongles cassants
  • Visage gonflé
  • Chute de cheveux
  • Faiblesse musculaire
  • Douleurs
  • Problèmes de mémoire
  • Humeur fluctuante, dépression
  • Ralentissement du rythme cardiaque

La TSH est une valeur de contrôle insuffisante pour rendre compte du fonctionnement thyroïdien. Elle doit être associée aux deux hormones thyroïdiennes : la T3L et la T4L.

En effet les normes biologiques françaises actuelles de la TSH sont trop larges. Une TSH à 3 (et donc dans la norme) ne signifie pas que vous sécrétez suffisamment de T4 et que celle-ci est correctement convertie en T3 par votre foie.

Identifier et reconnaître des symptômes est souvent plus révélateur d’un dysfonctionnement.

Une prise de poids à la ménopause peut donc être causée par un ralentissement de la thyroïde.

C’est pourquoi la thyroïde est le premier organe à contrôler dès la préménopause.

Après la ménopause, elle est à contrôler une fois par an via une prise de sang.

Mesurer sa glycémie pour détecter une insulinorésistance

Restons avec les hormones pour évoquer le rôle de l’insuline dans le métabolisme et la prise de poids.

L’insuline est une hormone sécrétée par le pancréas dès que des glucides sont consommés. Elle donne l’ordre aux cellules de s’ouvrir pour permettre au glucose présent dans le sang d’y rentrer afin d’être utilisé.

On parle de résistance à l’insuline quand les cellules arrivent de moins en moins à capter le message transmis par l’insuline.

En réaction, la glycémie va rester à des niveaux élevés dans le sang et le pancréas va en fabriquer encore plus, conduisant à un épuisement progressif de l’organe.

Ce mécanisme a des conséquences bien connues.

L’insulinorésistance favorise d’abord la prise de poids puis des désordres métaboliques conduisant au diabète de type 2, et à la maladie du foie gras, aussi appelé NASH pour stéatose non alcoolique.

Cette insulinorésistance augmente avec l’âge, et plus particulièrement après la ménopause. Elle se traduit par une prise de poids au niveau abdominal. L’excès du taux de sucre sanguin est en effet converti en graisses.

Il existe deux tests sanguins pour détecter son niveau de sensibilité et de résistance à l’insuline. Il s’agit des tests HOMA et QUICKI. Cette valeur est calculée par le laboratoire d’analyses biologiques, en fonction du dosage de la glycémie et de l’insuline.

L’hémoglobine glyquée (HbA1c) est aussi une analyse indispensable. Elle mesure votre glycémie moyenne sur les 3 derniers mois. Cette analyse est par conséquent beaucoup plus fiable que la glycémie à jeun. Notamment pour détecter un prédiabète.

Comprendre ce qu’est la glycémie et son impact sur la santé devient indispensable à la ménopause. Cela implique de maîtriser les notions d’index glycémique des aliments pour faire évoluer son régime alimentaire.

Des outils de mesure de glucose en continu sont maintenant en vente libre. Ils mesurent, via un capteur, le taux de sucre sanguin en continu. Faire le test sur une durée de 14 jours permet de mieux comprendre les variations de sa glycémie en fonction des aliments choisis lors des repas.

Surveiller son cortisol et réguler son stress

Le cortisol est la dernière hormone pouvant être responsable d’une prise de poids inexpliquée à la ménopause.

Cette hormone est fabriquée chaque jour par nos glandes surrénales, situées au-dessus des reins. Nous en avons absolument besoin car le cortisol joue plusieurs rôles, dont des rôles métaboliques. Le cortisol est une hormone dite hyperglycémiante car elle contribue à maintenir notre glycémie stable. Elle envoie un message au foie quand la glycémie baisse ou quand les besoins sont augmentés, afin que le foie déstocke du glycogène et libère du glucose dans le sang.

Le problème se pose en situation de stress chronique. Le cortisol va être davantage synthétisé pour nous aider à faire face à cet excès de tensions, dans le but de mobiliser toute notre énergie.

Avec comme conséquences :

  • Stockage des graisses au niveau abdominal,
  • Rétention d’eau,
  • Hausse de l’appétit,
  • Envies d’aliments gras et sucrés,
  • Perte de masse musculaire,
  • Diminution de la densité osseuse,
  • Ralentissement du métabolisme.

Si vous avez pris du poids et que vous subissez des niveaux de stress élevé, je vous conseille de mesurer votre cortisol libre urinaire. Cela implique de récolter 24h d’urine et de la déposer auprès d’un laboratoire d’analyses médicales, dans le bidon fourni en amont.

L’excès de cortisol est fréquent. Ses effets sont souvent méconnus alors, qu’au-delà de faire prendre du poids, l’excès de cortisol altère des systèmes qui vont aussi être impactés par la ménopause : système musculaire, système osseux et système cardiovasculaire entre autres.

La tension artérielle devra également être mesurée car les risques d’hypertension artérielle augmentent après la ménopause.

Conclusion

Que vous souhaitiez agir en prévention et éviter de prendre du poids à la ménopause. Ou que vous soyez déjà ménopausée et que cette prise de poids ait déjà commencée. Dans tous les cas, plusieurs hormones sont à contrôler :

  • Les hormones thyroïdiennes T3 et T4,
  • L’insuline,
  • Le cortisol.

Les risques de dérèglements augmentent à la ménopause. Cholestérol et pression artérielle doivent aussi être mesurés afin de prévenir ou détecter des risques cardiovasculaires.

Mais ce n’est pas tout. Certaines carences favorisent également la prise de poids. C’est le cas notamment du magnésium, qui intervient dans le métabolisme des glucides et dont la carence participe au prédiabète et au diabète. Et dont la carence est extrêmement fréquente.

Comment faire pour s’y retrouver et pour ne pas laisser la situation se dégrader ?

J’ai conçu un protocole dédié à l’accompagnement de la ménopause.

Le protocole proposé se base sur vos symptômes en premier lieu, puis sur vos résultats sanguins car un check-up complet est indispensable à la ménopause. Après avoir déterminé les causes et les facteurs qui pompent votre énergie et qui dégradent doucement mais sûrement votre santé, ce sera le moment de mettre en œuvre un rééquilibrage global et durable.

Ne laissez pas la ménopause vous bouffer la vie pendant des années !

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