Pourquoi le cycle menstruel est un indicateur majeur de santé

Beaucoup de femmes ignorent encore que leur état de santé global est intimement lié à l’équilibre de leur cycle menstruel.

Et pourtant, la manière dont se déroule son cycle menstruel en dit beaucoup sur la femme et sur sa santé physique, physiologique et mentale.

De nombreux facteurs, internes et externes, influencent le cycle menstruel. En retour, le déroulement du cycle menstruel impacte notre forme physique, notre humeur, mais aussi nos capacités cognitives ou encore notre peau.

La santé de la femme est sous influence hormonale tout au long de sa vie. Cela commence in utero et cela perdure jusqu’à la fin de la vie.

L’intérêt d’en prendre conscience est d’éviter de subir son cycle menstruel. La compréhension du fonctionnement du cycle féminin est la première étape.

Voici maintenant les composantes du cycle menstruel à surveiller car ils reflètent notre état de santé.

Quelle est la durée moyenne d’un cycle menstruel ?

Le cycle menstruel peut être divisé en 2 grandes phases : la phase folliculaire et la phase lutéale.

Ce qui nous intéresse pour définir la durée du cycle menstruel c’est la phase folliculaire. Elle commence au 1er jour des règles. Un cycle menstruel débute par conséquent à partir de l’arrivée des règles.

Avoir ses règles signifie que l’utérus élimine une partie de la muqueuse de l’endomètre. En effet, en l’absence de fécondation, cet épaississement de la muqueuse utérine n’est plus nécessaire.

La phase folliculaire prépare à l’ovulation. Les follicules sécrètent des œstrogènes. La muqueuse utérine se reconstitue. Un follicule va devenir mâture et libérer un ovocyte, ce qui signera la fin de la phase folliculaire.

La durée de la phase folliculaire est variable, elle dure au minimum 10 jours mais peut aussi durer une vingtaine de jours. C’est la durée de la phase folliculaire qui va conditionner la durée moyenne du cycle menstruel. En effet, la durée de la phase lutéale est relativement stable et elle varie moins.

Ainsi, on considère que les femmes qui ont des cycles menstruels qui durent moins de 25 jours en moyenne ont des cycles courts.

A l’inverse, les femmes dont les cycles menstruels s’étalent sur 35 jours en moyenne, ont des cycles longs.

Ce qui signifie que si votre cycle dure entre 26 jours et 34 jours, votre cycle menstruel a une durée normale et dans la moyenne.

Passons maintenant aux indicateurs à surveiller.

La régularité des cycles menstruels

Regardez la durée moyenne de vos cycles sur les 6 derniers et définissez une durée moyenne. Un cycle est considéré comme régulier s’il advient chaque mois, avec un delta de variation de plus ou moins 4 jours. Il est donc tout à fait normal que le cycle n’ait pas une durée strictement identique d’un mois sur l’autre.

De nombreux facteurs peuvent également impacter le cycle menstruel et perturber sa durée.

C’est le cas de toute perturbation physique ou psychique. Un gros coup de stress, un accident, un choc physique, un trauma, un décès, une intervention chirurgicale, une variation importante du poids, l’âge, le sport, une maladie aiguë ou une pathologie chronique… Tous ces éléments peuvent perturber la synthèse des hormones féminines et « bloquer » le cycle.

Tant que cela reste ponctuel, inutile de s’inquiéter.

Par contre, si la durée de vos cycles fait le grand écart et devient anarchique, alors il y a un problème quelque part.

En modifiant certains éléments de votre cycle menstruel, le corps vous envoie un message. Il s’agit ensuite d’identifier la ou les causes responsables de ces perturbations.

L’absence de cycle menstruel

En l’absence de règles pendant plus de 3 mois, on parle d’aménorrhée. Je parle ici de femmes ayant quand même des cycles de temps à autre, pour lesquelles on évoque une aménorrhée secondaire.

Les causes possibles d’une absence de règles qui dure dans le temps sont bien identifiées.

La plupart du temps, une aménorrhée est due à un poids insuffisant, à une anorexie mentale, à une activité sportive intensive, à des médicaments ou à certaines pathologies (syndrome des ovaires polykystiques, troubles de la thyroïde, dépression, pathologies endocriniennes…). Mais parfois les causes sont moins évidentes. Seul un professionnel de santé est à même d’établir un diagnostic précis.

Dans tous les cas, aucune femme ne devrait se réjouir de ne pas avoir de règles et s’en contenter.

J’ai eu plusieurs cas de clientes qui sont venues me voir car elles étaient en aménorrhée depuis une dizaine d’années, sans suivi médical. Il s’est avéré qu’à même pas 30 ans, toutes étaient en situation d’ostéopénie ou d’ostéoporose.

L’absence de cycle menstruel est le signe d’un arrêt du fonctionnement hormonal qui peut avoir de lourdes conséquences sur la santé féminine. Ces conséquences sont parfois visibles (sècheresse cutanée, perte de cheveux…), mais aussi invisibles, comme dans le cas où l’insuffisance de sécrétion d’œstrogènes impacte et perturbe le remodelage osseux.

Si vous êtes concernée, faites-vous accompagner pour retrouver une régularité dans votre cycle menstruel.

Les douleurs de règles

Les douleurs de règles, aussi appelées dysménorrhées, sont présentes dans la majorité des cycles menstruels. On estime que 90% des femmes sont concernées, à des degrés divers.

Les douleurs de règles peuvent être présentes, de manière ponctuelle, dans les jours qui précèdent les règles. Elles sont généralement ressenties les premiers jours uniquement car elles sont liées à la quantité de muqueuse utérine à évacuer.

Pour permettre à la muqueuse utérine de s’évacuer, l’utérus produit des molécules inflammatoires appelées prostaglandines. Ce sont les prostaglandines qui provoquent les contractions de l’utérus. Que ce soit des contractions lors de l’accouchement ou des contractions lors des règles, dans les 2 cas, une douleur est ressentie, bien que l’intensité et la durée soient différentes.

Est-ce normal d’avoir mal pendant les règles ?

Oui et non.

Pour pouvoir se situer, je conseille d’utiliser une échelle de la douleur. Les douleurs de règles ne devraient pas dépasser une intensité de 5 sur une échelle allant de 0 à 10. A partir du moment où les douleurs de règles perturbent vos activités quotidiennes, et que ces douleurs se répètent d’un cycle sur l’autre, ce n’est pas normal.

Différents facteurs peuvent augmenter l’intensité de la douleur ressentie. Voici les plus fréquents :

  • Le stress
  • Une alimentation déséquilibrée
  • La fatigue
  • Le tabac
  • L’anxiété
  • Un stérilet au cuivre
  • ne pathologie telle que l’endométriose, l’adénomyose, un fibrome…

En dehors de toute pathologie, les premiers facteurs cités sont tous en lien avec notre hygiène de vie. C’est ce qui explique les grandes variations individuelles, mais aussi les variations d’un cycle sur l’autre.

La bonne nouvelle c’est que les douleurs des règles sont le facteur sur lequel il est plus facile d’agir. Les techniques naturelles proposées en naturopathie pour diminuer les douleurs des règles offrent de très bons résultats.

Les saignements pendant les règles

Plusieurs paramètres sont à observer pour s’assurer que les saignements (ménorragies) sont normaux.

La quantité de sang évacué

Bien qu’elle soit importante les premiers jours, elle doit être gérable avec une protection adaptée. Une limite de temps de 2h a été donnée pour évaluer si les règles sont plus abondantes que la normale. En clair, changer de protection toutes les 2h pendant 24h à 48h ça passe mais au-delà, cela peut être le signe d’autre chose.

Les fibromes et un stérilet en cuivre sont 2 causes de saignements hémorragiques. Mais on peut avoir des règles abondantes sans avoir de fibrome ni porter de stérilet. Certaines femmes produisent par exemple trop d’œstrogènes, ou ne les éliminent pas assez, ce qui augmente le flux des saignements au moment des règles.

La présence de caillots

Il n’est pas anormal d’en avoir les premiers jours. Ce qui doit alerter c’est si les caillots diffèrent en quantité et en volume d’un cycle à l’autre. Il est préférable dans ce cas de consulter.

La couleur des règles

La couleur du sang éliminé pendant les règles évolue au cours du cycle. De couleur un peu rose, au rouge vif, jusqu’au rouge foncé puis au rouge tirant vers le marron, c’est toute une palette de déclinaisons de la couleur rouge que l’on peut avoir pendant ses règles. Là aussi pas d’inquiétudes particulières à avoir si les différences de couleur suivent une progression qui se répète d’un cycle sur l’autre. Par contre, si cela vous paraît différent de d’habitude, n’hésitez pas à interroger votre gynécologue.

L’odeur des règles

Le sang des règles se compose de fer, de bactéries, de cellules et de sécrétions, un cocktail présent chez toutes les femmes. Néanmoins, comme l’odeur corporelle, l’odeur des règles est individuelle et elle peut indisposer. Néanmoins, c’est le changement d’odeur qui doit vous alerter. Ce pourrait être le signe d’une vaginose bactérienne. Les règles peuvent en effet favoriser la prolifération bactérienne. En cas de doute, il faut consulter un gynécologue.

La présence de symptômes avant les règles

Les symptômes liés au cycle menstruel sont regroupés sous le terme de syndrome prémenstruel. Ces symptômes peuvent démarrer avec l’ovulation et s’arrêter pendant les règles.

Voici les manifestations physiques les plus fréquentes :

  • Migraines, maux de tête, vertiges
  • Problèmes de peau : acné, eczéma, démangeaisons, irritations
  • Troubles ORL : rhinite, maux de gorge, sinusite…
  • Troubles cardiovasculaires : palpitations, arythmie…
  • Troubles pulmonaires : sensation d’oppression, asthme, essoufflement…
  • Mamelons sensibles, seins gonflés, douloureux ou congestionnés
  • Bouffées de chaleur, transpiration augmentée, sueurs nocturnes
  • Perte de cheveux
  • Troubles digestifs : ballonnements, troubles du transit, sensations de lourdeurs,
  • Troubles veineux : hémorroïdes, varices…
  • Troubles gynécologiques : mycoses vaginales, cystites…
  • Douleurs musculaires, douleurs articulaires
  • Rétention d’eau, prise de poids
  • Fatigue, sensation de faiblesse
  • Perte d’appétit ou fringales, envies d’aliments sucrés

Et les manifestations psychologiques :

  • Troubles de l’humeur : irritabilité, agressivité, colère, déprime, susceptibilité, anxiété, tristesse
  • Trouble dysphorique prémenstruel : idées noires, pensées suicidaires, pessimisme, perte de confiance en soi, désespoir, dépression
  • Troubles de la libido
  • Troubles du sommeil : insomnie, réveils nocturnes, cauchemars, terreurs nocturnes
  • Troubles cognitifs : difficultés de concentration et de mémorisation

Le syndrome prémenstruel doit être évalué en fonction du nombre de symptômes présents, de leur intensité et de leur fréquence. C’est ce qui permet de faire la différence entre un spm léger et un spm pathologique, reflet d’un déséquilibre hormonal.

En dehors de toute pathologie, le syndrome prémenstruel est amplifié par les mêmes facteurs qui déterminent notre hygiène de vie et notamment ceux qui la dégradent : le stress chronique, une mauvaise gestion de ses émotions, une mauvaise qualité du sommeil, la présence régulière de toxines tels que le tabac et l’alcool, une alimentation pauvre en nutriments indispensables, avec la présence de carences nutritionnelles, une alimentation pro-inflammatoire, du surpoids, et enfin de la sédentarité couplée à un manque d’activité physique.

Pour vous aider à corriger certains déséquilibres et diminuer l’intensité du syndrome prémenstruel, j’ai rédigé un ebook dédié au spm.

EBOOKS SPM GROSSESSE ACCOUCHEMENT

En conclusion

Je vous ai présenté les différents paramètres qui vous permettent d’évaluer si votre cycle menstruel est équilibré.

Si tous les signaux sont au vert, alors votre santé, physique, physiologique et psychique, repose sur une base hormonale saine. L’objectif est de préserver et de maintenir cet état le plus longtemps possible.

Si des déséquilibres sont présents, je ne peux que vous encourager à ne pas les laisser perdurer car l’impact sur votre santé est réel.

Personne ne devrait s’habituer à avoir un cycle hormonal déséquilibré ni à “vivre avec”.

Faites-vous accompagner par un professionnel. L’avantage est que les effets positifs d’un accompagnement sont concrets et facilement mesurables.

Derniers articles